Inclusion des femmes en montagne : état des lieux et enjeux
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Inclusion des femmes en montagne : Décryptage des enjeux. Découvrez les témoignages de Marion Haerty et d’Isabelle Liardet !
Inclusion des femmes en montagne : comprendre les enjeux et valoriser celles qui font bouger les lignes
La montagne, un terrain de jeu longtemps masculin
Véritable espace de liberté pour tous, la montagne ne regarde pas le genre de celles et ceux qui se lancent le défi de l’apprivoiser. Elle a pourtant longtemps été perçue comme un terrain de jeu masculin. Mais les passionnées de montagne ont décidé de prendre la parole. Plusieurs initiatives sont désormais symboles de mixité en montagne, et de cette inclusion des femmes en montagne. La pratique féminine en milieu montagnard est aujourd’hui valorisée. Au plus grand plaisir de toutes…
Une présence féminine en hausse, mais encore fragile
Une démocratisation progressive des pratiques
La féminisation des sports de montagne est réelle. Selon une étude menée par le site skimetrics.fr en 2025, les femmes représentent 47% des skieurs dans les stations de ski françaises. Le ski favoriserait ainsi une belle accessibilité en montagne.
Un écart demeure toutefois puisque selon une étude IPSOS datée de 2022, 17% des hommes déclarent skier régulièrement, contre 11% des femmes.
Dans un article publié en 2019, Véronique Reynier (chercheuse au laboratoire Sport et environnement social), rappelait par ailleurs que les pratiquantes ne représentaient qu’un quart des snowboardeurs.
La montagne, un environnement physique
Il reste donc du chemin à accomplir pour parvenir à une parfaite égalité de genre en montagne. Nous avons demandé à deux illustres figures de la montagne leur point de vue. Elles dressent ainsi un constat lucide, à l’image d’Isabelle Liardet. Membre de la direction du service Sport Santé de l’Université de Lausanne (UNIL) et de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), la Suissesse livre son analyse. « Dans le club alpin suisse, il y a certaines sections qui ont atteint la parité. Les femmes sont venues sur le tard aux sports de haute montagne et au freeride, et on a des décennies à rattraper. Nous avons cent ans de retard sur les hommes, et cela prend du temps à combler. Il y a par ailleurs beaucoup moins de femmes chez les guides. Je reconnais aisément que le physiologie homme/femme n’est pas la même, et ces métiers exigent des compétences physiques assez fortes. Je pense qu’il y a des femmes qui ont la technique et toutes les compétences, mais qui doutent d’elles-mêmes pour des questions physiques », livre celle qui a participé comme experte à la conception du programme WEMountain.
Un univers élitiste
Sacrée à quatre reprises sur le Freeride World Tour, la Française Marion Haerty a également son avis sur l’inclusion des femmes en montagne. « Je suis arrivée à Chamonix il y a 10 ans, il y a aujourd’hui beaucoup plus de femmes visibles et pratiquantes en montagne. C’est un point positif. Le milieu de la montagne reste toutefois très élitiste. J’ai créé un évènement d’initiations (Level Up, ndlr) pour permettre aux rideuses d’aller en montagne, en splitboard et freeride. C’est dur en tant que femme d’être incluse dans ce milieu. On n’aura pas forcément le même niveau ou les mêmes progrès qu’un garçon. Je n’ai pas de colère par rapport à ça, la montagne c’est beau mais c’est aussi hostile à la fois».
La championne de snowboard rappelle que les métiers de femmes guides de haute montagne, instructrices ou encore monitrices de ski sont des métiers de dur labeur, très physiques, assimilables à un métier de sportif de haut niveau. « Cela dit, les initiatives se développent pour aider à ce qu’il y ait plus de femmes en montagne », nuance Marion Haerty.
Des raisons de croire à la mixité en montagne
L’apport du festival Femmes en montagne
Festival de films créé en 2019 par l’association On ne n’est pas que des collants, Femmes en montagne a su trouver sa place dans le milieu montagnard. Objectif du Festival, favoriser l’égalité hommes/femmes. Le Festival diffuse ainsi des portraits de femmes, dont le fil rouge est la montagne. De vibrants récits cinématographiques, et une façon de mettre en avant la représentation des femmes dans les sports de montagne. De quoi satisfaire les rideuses comme les skieuses, mais aussi les guides, instructrices, monitrices de ski et expertes.
L’influence des rôles modèles féminins
Quand on est une jeune athlète, pouvoir s’identifier à une championne ou à une autre rideuse expérimentée fait souvent toute la différence.
Cela tombe bien, Marion Haerty partage de bon cœur ses connaissances, lors de son évènement « Level Up » notamment. Une initiative à saluer, quand on sait qu’une adolescente sur deux abandonne le sport avant 15 ans (étude MGEN avec l’Institut Kantar, publiée en janvier 2026).
WEMountain offre d’ailleurs des formations aux rideuses présentes à « Level Up ». Une preuve d’une belle confiance réciproque entre Marion Haerty et WEMountain.
Installée à Chamonix depuis 10 ans, Marion Haerty a pu compter elle aussi sur des modèles, et est fière de transmettre le flambeau aujourd’hui.
« Pouvoir compter sur des rôles modèles est hyper important. Avoir des exemples de femmes qui ont réussi, cela est forcément bénéfique. J’évolue d’ailleurs souvent avec une nouvelle génération de rideuses. Elles sont hyper impressionnantes ! Petites, on se mettait beaucoup plus de barrières mentales, que la société nous imposait. Aujourd’hui, les filles se mettent sur le même pied d’égalité que les garçons, elles veulent faire pareil qu’eux et ont plus confiance en elles sur certains aspects », apprécie Marion.
Isabelle Liardet est sur la même longueur d’ondes : « Une femme qui est poussée par des modèles ou des personnes clés aura encore plus d’envie, et se sentira plus légitime. Aujourd’hui le chemin est tracé, on a beaucoup de modèles féminins dans tous les domaines de la montagne, que ce soit en ski, snowboard, freeride, freestyle, escalade… Il faut s’inspirer d’elles et écouter ce qu’elles ont à dire, écouter leur parcours. »
« Je pense que ces programmes sont vraiment importants pour donner des clés aux femmes, qui veulent rider longtemps, en termes de prévention des risques. Elles se sentiront ensuite aptes à maîtriser les conditions, à savoir si elles doivent y aller ou non, et avoir des critères de décision basés sur la science », explique Isabelle Liardet.
WEMountain, un vrai acteur de l’inclusion des femmes en montagne
Des femmes sensibles aux questions de sécurité
Acteur majeur de la sécurité en montagne, WEMountain propose des cours en ligne et des cours terrain sur la prévention avalanche. 35% de ses plus de 5 000 membres (issus de 52 pays) sont d’ailleurs des femmes. Une belle preuve que la méthode WEMountain séduit les pratiquantes.
WEMountain bénéficie de la confiance de Safety Angels féminines (ambassadrices).
Les voici :
- Zuzanna Witych (Freeride World Champion 2026) ;
- Marion Haerty (4X FWT Champion) ;
- Mia Jones (FWT Champion 2026) ;
- Anna Martinez (2e overall FWT 2026) ;
- Justine Dufour-Lapointe (2x FWT Champion) ;
- Astrid Cheylus (2e overall FWT 2024, 3e FWT 2025) ;
- Nuria Castan Baron (2e overall FWT 2024, 3e overall FWT 2025) ;
- Arianna Tricomi (3x FWT Champion) ;
- Estelle Rizzolio (3e overall FWT 2023) ;
- Francine Janet-Moreillon (triple championne du monde de ski freeride) ;
- Lara Paul ;
- Erika Vikander (2e overall FWT 2022) ;
- Erin Sauve (FWT Champion 2024) ;
- Céline Marchand ;
- Megane Betend (3e overall FWT 2023) ;
- Chemmy Alcott (4 x Olympienne) ;
- Sybille Blanjean (2e overall FWT 2026).
Merci à elles de soutenir WEMountain, comme les Safefy Angels masculins !
Un partenariat avec Reaching Summits, pour la Patrouille des Glaciers
WEMountain s’implique également depuis plusieurs années dans la Patrouille des Glaciers. Un partenariat existe ainsi avec Reaching Summits, qui engage des équipes 100% féminines sur cette course mythique. L’occasion de participer, là encore, à l’inclusion des femmes en montagne et de briser les stéréotypes de genre en montagne.
CONCLUSION – La mixité en montagne, une saine ambition
De nos jours, de plus en plus de femmes veulent débuter la montagne. Encadrées par des personnes bienveillantes, elles développeront progressivement leur socle de connaissances et leur confiance en soi. Guidées par une approche maîtrisée de la sécurité en montagne, ces femmes monteront peu à peu en compétences. De quoi générer quelques frustrations ? « Soyez patientes dans votre progression car ça ne vient pas du jour au lendemain, et ne soyez pas dure avec vous-même. Fêtez aussi chaque petite victoire ! », conseille ainsi Marion Haerty. Qui encourage à respecter et accueillir les femmes qui entreprennent dans le milieu de la montagne, et osent changer les stéréotypes de la société. Le message est passé !