Sécurité en montagne : L’industrie du ski, un rôle clé
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Quel est le rôle de l’industrie du ski dans l’éducation, la prévention et la sécurité en montagne ? Retrouvez deux témoignages d’acteurs de l’industrie !
Sécurité en montagne : L’industrie du ski, un rôle et des responsabilités à assumer
La sécurité en montagne, l’affaire de tous
Année après année, la pratique du ski backcountry se développe sur la planète, à notre plus grand plaisir. On comptabilise plus de 3 millions de skieurs et snowboardeurs hors-piste en Europe. Un chiffre réjouissant, mais le revers de la médaille est moins reluisant. Les accidents de ski se multiplient, l’accident mortel en montagne devient un risque réel. Et avec lui, une possible remise en cause de notre liberté à évoluer en montagne.
Face à ce constat, il apparaît nettement que la sécurité en montagne est l’affaire de tous. Les pratiquants doivent absolument se former aux risques en montagne. L’industrie du ski doit cependant également agir, et structurer une vraie démarche de formation pour ses clients. Elle doit ainsi assumer une part de responsabilité éducative vis-à-vis de sa clientèle. De cette manière, la pratique du ski en sortira gagnante.
L’industrie du ski face à ses responsabilités
Une responsabilité sociétale
En matière de prévention avalanche et d’éducation, l’industrie du ski a un rôle important à jouer. Elle a une responsabilité sociétale concernant les adeptes du ski ou du snowboard. D’autant que ceux-ci n’ont pas forcément des années de pratique derrière eux. Secrétaire général de la Federation of the European Sporting Goods Industry (FESI), Jérome Pero dresse un constat de la situation : « Il y a une démocratisation des pratiques. On a le sentiment que les pratiquants veulent accéder de plus en plus à la nature et à la liberté. Malheureusement, on a un public moins averti, moins éduqué, moins expérimenté. On a vu cette année beaucoup d’accidents, beaucoup d’avalanches, de décès et de blessures, liés à cette pratique du hors-piste. »
Une sensibilisation des skieurs aux accidents et au risque avalanche semble primordiale, pour faire évoluer les mentalités et limiter les drames.
Cela passe par une formation adaptée et pointue, afin de favoriser la responsabilisation des pratiquants. Mais l’industrie du ski a elle aussi son mot à dire…
Une responsabilité collective
Concernant la sécurité en montagne, Jérome Péro pointe du doigt le rôle de chacun des acteurs des sports d’hiver. « Les marques ne peuvent pas se substituer aux autorités qui gèrent les montagnes, au jugement individuel et aux professionnels sur le terrain qui accompagnent les pratiquants. En revanche, ils ont une responsabilité collective.
Personne ne peut faire ça tout seul, il y a besoin d’expliquer, d’orienter, d’éduquer les pratiquants qui pensent qu’ils peuvent aller faire du freeride du jour au lendemain.
Il faut désormais définir cette responsabilité collective et créer une coalition, une alliance entre tous les professionnels de la montagne, équipementiers inclus. On doit déterminer quel rôle chacun peut avoir dans cette alliance. Objectif, que chaque pratiquant soit mieux entraîné, mieux préparé et pour finir pratique de manière sécurisée. »
Une responsabilité collective essentielle pour continuer à faire du hors-piste. Elle est d’ailleurs déjà bien intégrée par certains équipementiers, à l’image de HEAD…
L’éducation des pratiquants, un réel objectif pour HEAD
Un rôle d’accompagnateur, plus que de simple vendeur de matériel
Marque autrichienne fondée en 1950 à Baltimore (USA), HEAD est principalement spécialisée dans le ski et le tennis. Son vice-président, René Harrer, nous a détaillé les initiatives prises ou envisagées par l’équipementier pour accompagner ses clients.
« Il peut s’agir d’organiser des événements éducatifs, notamment des clinics sur neige, des ateliers, ou encore une “Mountain Academy” adaptée à différents niveaux.
Nous pouvons intervenir aussi en développant des contenus pédagogiques digitaux : tutoriels gratuits en ligne, webinaires sur la sécurité avec des athlètes, programmes d’entraînement téléchargeables. »
Autres initiatives, fédérer la communauté HEAD, via des projections de films, des journées de tests (demo days) et des forums en ligne.
Sans oublier de promouvoir la durabilité et la sécurité, en collaboration avec des organisations engagées dans la sécurité en montagne.
« Notre partenariat avec WEMountain constitue déjà une première étape dans cette direction », apprécie d’ailleurs René Harrer.
Une responsabilité claire envers les pratiquants
L’industrie du ski doit aujourd’hui intervenir vis-à-vis des amoureux du hors-piste. Pour rappel, 90% des avalanches (le danger numéro un des skieurs) sont déclenchées par la victime elle-même ou un membre de son groupe. Il est donc capital que les skieurs et snowboardeurs montent en compétences, afin de se familiariser – via une formation – avec le risque d’avalanche. Et pour cela, l’industrie du ski se doit de proposer ou (au moins) soutenir des projets d’éducation et de sécurité en montagne.
René Harrer nous détaille les principales responsabilités, à ses yeux, de l’industrie du ski envers ses pratiquants :
- « La sécurité : fournir un équipement fiable et garantir des environnements de pratique sécurisés en station.
- L’éducation : transmettre les compétences et les connaissances nécessaires, en particulier en matière de sécurité en montagne et de bonnes pratiques.
- La responsabilité environnementale : préserver les écosystèmes de montagne grâce à des pratiques durables et un engagement concret.
- L’inclusivité : rendre la pratique plus accessible et accueillante pour des publics diversifiés.
- La communauté : soutenir et faire vivre la culture et la passion qui définissent ce sport. »
Bien encadrer le ski hors-piste est ainsi un enjeu majeur, afin de réduire les victimes d’avalanche.
Contrairement à des disciplines comme le kitesurf ou la plongée, les skieurs, notamment hors-piste, s’engagent sans réelle formation avalanche.
De quoi augmenter les risques en montagne et interroger sur les raisons de tels comportements.
Sécurité en montagne : un enjeu humain, économique et environnemental
Réduire les accidents de ski et leurs conséquences
Lors de la saison 2024/2025, les avalanches avaient provoqué le décès de 70 adeptes de la montagne en Europe (dont 21 en France et 20 en Suisse). Données issues du site European Avalanche Warning Services (EAWS).
Un lourd bilan, les accidents de ski ne pardonnent pas et peuvent générer des conséquences terribles. Le risque avalanche doit être appréhendé avec une solide préparation en amont. On ne peut aborder la montagne qu’avec un entraînement, une formation avalanche, et des compétences en matière de sécurité en montagne.
L’accident mortel en montagne : Un impact direct sur l’image et la crédibilité du secteur
Chaque accident mortel en montagne, outre les répercussions pour l’entourage de la victime, a un énorme impact sociétal. Les relais dans les médias et les réseaux sociaux ne laissent pas indifférent le grand public. La portée émotionnelle est réelle, surtout quand c’est une avalanche qui est en cause. Le ski hors-piste peut alors être perçu comme dangereux, et ses pratiquants assimilés à des « inconscients ».
Conséquence, une dégradation de l’image du ski et des acteurs du secteur, auprès de l’opinion.
Il est donc essentiel de bien expliquer aux pratiquants les risques en montagne, et ce rôle incombe à la fois aux marques et aux stations. Une industrie engagée dans la prévention avalanche renforcera sa crédibilité et la sécurité en montagne.
Faire du ski hors-piste, une pratique qui influence aussi l’environnement
Chacun doit adopter un comportement responsable en montagne, un terrain de jeu avec des zones naturelles fragiles. La faune (et la flore) doit être respectée, dans cette période critique pour elle qu’est l’hiver. Les modes de déplacement doivent être étudiés avec soin. Ne vous aventurez pas hors zone autorisée !
Un skieur ou snowboardeur mal formé, en plus de prendre des risques en montagne, impactera son environnement.
Sans surprise, les marques et stations ont un rôle à jouer dans la diffusion de ces bonnes pratiques. L’industrie du ski est donc face à un double défi : sensibiliser à la sécurité en montagne, mais aussi à la pratique du ski responsable.
Quel avenir pour les acteurs de l’industrie du ski ?
Une nécessité de s’engager bien plus dans l’éducation et la prévention
L’heure de la mobilisation a aujourd’hui sonné pour l’industrie du ski.
Dès les prochains mois, de réelles réflexions et actions devront être menées.
A défaut, l’addition pourrait être salée…
Le vice-président de HEAD résume bien les choses.
« Si l’industrie ne prend pas un rôle plus actif dans l’éducation et la prévention, elle pourrait faire face à :
- Une augmentation des accidents : une hausse des blessures et des accidents évitables, nuisant à l’image du sport.
- Des coûts plus élevés : une responsabilité juridique accrue, une explosion des coûts d’assurance et un risque de régulation gouvernementale coûteuse.
- Une perception négative : un sport perçu comme dangereux et élitiste, dissuadant de nouveaux pratiquants, notamment issus de publics variés.
- Une restriction des accès : des comportements irresponsables pouvant entraîner des limitations d’accès aux espaces hors-piste et aux terrains publics.
- Une croissance freinée : une base de pratiquants qui stagne, voire diminue, mettant en péril la viabilité à long terme du secteur. »
Jérome Péro a également son point de vue sur le sujet : « Il y a un risque pour l’image du secteur. En ce moment, on parle davantage des aspects négatifs des sports d’hiver (accidents, manque de neige) que des aspects positifs et des bénéfices.
Si on ne fait rien, on court vers un risque d’un secteur qui encourage le risque, ne fait rien et prône l’immobilisme. »
La liberté en montagne bientôt remise en cause par les accidents de ski ?
Autre risque réel, le durcissement réglementaire si la situation n’évolue pas.
Certains acteurs de l’industrie du ski tirent d’ailleurs la sonnette d’alarme, à l’image de du secrétaire général de la FESI : « Le débat entre la liberté de pratique et le coût humain et économique que peuvent avoir certains comportements à risques, est un sujet très sérieux. Il faut éviter la stigmatisation mais il faut une certaine responsabilisation, la société a de moins en moins envie de payer pour la culture du risque. »
Le grand nombre d’accidents de ski, et l’existence de pratiques sans formation avalanche, pourraient-ils remettre en cause notre liberté d’évoluer en montagne ?
Verra-t-on le rapport aux secouristes, toujours plus mobilisés, se modifier dans le futur ? Un rapport de la Cour des Comptes, publié en février 2026, remet ainsi en question la gratuité des secours en montagne. Un signal loin d’être favorable.
« Il y a un risque de réglementation, si l’on arrive à des coûts humains environnementaux et économiques trop importants, avec les autorités publiques qui décideraient d’encadrer ou d’interdire ces pratiques. C’est vraiment ce que l’on veut éviter. Si l’on veut régler le problème, il faut examiner comment tous agir ensemble, sur l’éducation et tout ce qu’on peut faire en amont », énonce Jérome Pero.
La formation avalanche doit être ainsi un levier, s’accompagnant d’une responsabilisation du skieur (qui saura comment éviter de se retrouver sous une avalanche) mais aussi de tous les acteurs de l’industrie du ski.
WEMountain : une réponse concrète à un enjeu global
Une approche digitale, accessible et internationale
Programme conçu par 50 experts internationaux, la méthode WEMountain a déjà séduit plus de 7 000 membres de 52 nationalités différentes.
Elle se structure autour de plusieurs cours e-learning (en ligne) et des cours t-learning (terrain). Cette formation est consacrée à 80% sur la prévention des risques et l’évitement des situations d’avalanche.
« WEMountain est une très bonne initiative. C’est une très bonne chose de s’appuyer sur des stars, des équipementiers et tous les acteurs des sports d’hiver pour communiquer et éduquer le pratiquant, sans le stigmatiser », apprécie le secrétaire général de la FESI.
Une formation avalanche déjà adoptée par l’industrie et ses acteurs
Le programme international de formation en montagne WEMountain bénéficie du soutien de nombreux acteurs de l’industrie du ski.
Parmi eux, le Freeride World Tour, IFSA, HEAD, Tecnica, Decathlon, Verbier 4 Vallées, Compagnie du Mont Blanc ou encore la Patrouille des Glaciers.
Une juste reconnaissance du travail de WEMountain, acteur majeur de la sécurité en montagne.
CONCLUSION – Prendre ses responsabilités pour continuer à pratiquer le ski hors-piste
Pour résumer, l’industrie du ski et les amoureux de la poudreuse ont aujourd’hui, plus que jamais, une vraie responsabilité collective pour déterminer leur avenir.
Veut-on d’un futur avec davantage de réglementations ? Souhaite-t-on une remise en question de notre liberté ?
Chacun doit faire son introspection et se poser les bonnes questions. Une vraie culture de la sécurité en montagne doit émerger, afin de diminuer les accidents en skis.
Apprendre à utiliser son DVA ne suffit pas, une vraie formation est nécessaire.
Cela permettra de sauver des vies en freeride, alors n’hésitez-pas à vous former !